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 La gloire de mon père • Marcel Pagnol

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Lecture en cours : Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre - Ruta Sepetys
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MessageSujet: La gloire de mon père • Marcel Pagnol   Jeu 19 Avr - 22:23



La gloire de mon père (Tome 1) - Marcel Pagnol • 6€

Résumé du livre
Un petit Marseillais d'il y a un siècle : l'école primaire ; le cocon familial ; les premières vacances dans les collines, à La Treille ; la première chasse avec son père... Lorsqu'il commence à rédiger ses Souvenirs d'enfance, au milieu des années cinquante, Marcel Pagnol est en train de s'éloigner du cinéma, et le théâtre ne lui sourit plus. La Gloire de mon père. dès sa parution, en 1957, est salué comme marquant l'avènement d'un grand prosateur. Joseph, le père instituteur, Augustine la timide maman, l'oncle Jules , la tante Rose, le petit frère Paul, deviennent immédiatement aussi populaires que Marius. César ou Panisse. Et la scène de la chasse à la bartavelle se transforme immédiatement en dictée d'école primaire... Les souvenirs de Pagnol sont un peu ceux de tous les enfants du monde. Plus tard, paraît-il, Pagnol aurait voulu qu'ils deviennent un film. C'est Yves Robert qui, longtemps après la mort de l'écrivain. le réalisera. " Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. "

Extrait
Mon père, qui s'appelait Joseph, était alors un jeune homme brun, de taille médiocre, sans être petit. Il avait un nez assez important, mais parfaitement droit, et fort heureusement raccourci aux deux bouts par sa moustache et ses lunettes, dont les verres ovales étaient cerclés d'un mince fil d'acier. Sa voix était grave et plaisante et ses cheveux, d'un noir bleuté, ondulaient naturellement les jours de pluie.

Il rencontra un dimanche une petite couturière brune qui s'appelait Augustine, et il la trouva si jolie qu'il l'épousa aussitôt.

Je n'ai jamais su comment ils s'étaient connus, car on ne parlait pas de ces choses-là à la maison. D'autre part, je ne leur ai jamais rien demandé à ce sujet, car je n'imaginais ni leur jeunesse ni leur enfance.

Ils étaient mon père et ma mère, de toute éternité, et pour toujours. L'âge de mon père, c'était vingt-cinq ans de plus que moi, et ça n'a jamais changé. L'âge d'Augustine, c'était le mien, parce que ma mère, c'était moi, et je pensais, dans mon enfance, que nous étions nés le même jour. De sa vie précédente, je sais seulement qu'elle fut éblouie par la rencontre de ce jeune homme à l'air sérieux, qui tirait si bien aux boules, et qui gagnait infailliblement cinquante-quatre francs par mois. Elle renonça donc à coudre pour les autres, et s'installa dans un appartement d'autant plus agréable qu'il touchait à l'école, et qu'on n'en payait pas le loyer.

Dans les mois qui précédèrent ma naissance, comme elle n'avait que dix-neuf ans - et elle les eut toute sa vie -, elle conçut de graves inquiétudes, et déclara en sanglotant que son bébé ne naîtrait jamais, parce qu'elle "sentait bien qu'elle ne savait pas le faire".

Mon père essaya de la raisonner. Mais alors, elle disait, furieuse: "Quand je pense que c'est toi qui m'as fait ça!"

Et elle fondait en larmes.

Quand le survenant se mit à bouger, elle eut des accès de fou rire, entre deux crises de sanglots.

Effrayé par ce comportement déraisonnable, mon père appela au secours sa s?ur aînée. C'était elle qui l'avait élevé. Elle était (naturellement) directrice d'école à La Ciotat, et célibataire.

La grande s?ur fut tout à fait ravie, et décida qu'il fallait sur-le-champ installer ma mère chez elle, sur le bord de la mer latine: ce qui fut fait le soir même.

On m'a dit que Joseph en fut charmé, et qu'il profita de sa liberté pour conter fleurette à la boulangère, dont il mit en ordre la comptabilité: voilà une idée déplaisante, et que je n'ai jamais acceptée. Pendant ce temps, la future maman se promenait le long des plages, sous le tendre soleil de janvier, en regardant au loin les voiles des pêcheurs, qui partaient à trois heures vers le soleil couchant. Puis, près du feu où sifflotait la flamme bleue des souches d'olivier, elle tricotait le trousseau de sa bondissante progéniture, tandis que la tante Marie ourlait des langes, en chantant d'une jolie voix claire:
Sur le brick léger que le flot balance,
Quand la nuit étend son grand voile noir...

Elle était maintenant rassurée, d'autant que son cher Joseph venait tous les samedis, sur la bicyclette du boulanger. Il apportait des croquants aux amandes, des tartes à la frangipane, et un sachet de farine blanche pour faire des crêpes ou des beignets, ce qui prouve bien que la boulangère n'avait pas à se plaindre de lui.

Ces gâteries, ce long repos, et l'air salubre de la douce Méditerranée transformèrent la jeune Augustine: elle avait pris de belles couleurs, et il paraît qu'elle chantait tous les matins, dès son réveil.

Tout s'annonçait donc le mieux du monde, lorsqu'au petit matin du 28 février, elle fut réveillée par quelques douleurs.

Elle appela aussitôt la tante Marie, qui décréta que ce n'était rien, puisque le docteur avait annoncé la naissance d'une fille pour la fin du mois de mars; puis, elle ralluma le feu, pour mettre en route une tisane. Mais la patiente affirma que les docteurs n'y comprenaient rien, et qu'elle voulait retourner tout de suite à Aubagne.

"Il faut que l'enfant naisse à la maison! Il faut que Joseph me tienne la main! Marie, Marie, partons vite! Je suis sûre qu'il veut sortir!"

La douce Marie essaya de la calmer, avec du tilleul et des paroles. La passoire à la main, elle déclara que si l'événement se confirmait, elle irait en informer le poissonnier, qui descendait chaque jour à Aubagne vers les huit heures, et que Joseph viendrait, aussi vite que le vent, sur la machine à pédales.

Mais Augustine repoussa la tasse à fleurs, et se tordit les mains en pleurant à grosses larmes.

Alors, la tante Marie alla frapper aux volets d'un voisin, qui possédait un boghey et un petit cheval. C'était une époque bénie, où les gens se rendaient service: il n'y avait qu'à demander.

Le voisin attela son cheval, la tante enveloppa Augustine dans des châles, et nous voilà partis au petit trot, tandis que sur la crête des collines la moitié d'un grand soleil rouge nous regardait à travers les pins.

Mais en arrivant à la Bédoule, qui est tout juste à mi-chemin, les douleurs recommencèrent, et la tante, à son tour, s'affola. Elle serrait dans ses bras ma mère emmitouflée, et lui donnait des conseils:
"Augustine, disait-elle, retiens-toi", car elle était vierge.

Mais Augustine, toute pâle, ouvrait des yeux noirs énormes, et transpirait en gémissant.

Heureusement, nous avions franchi le col et la route descendait sur Aubagne. Le voisin desserra son frein, qu'on appelait la mécanique, et fouetta le petit cheval, qui n'eut qu'à se laisser emporter par le poids de l'équipage. Nous arrivâmes tout juste à temps, et Mme Négrel, la sage-femme, vint en hâte délivrer ma mère, qui avait enfin planté ses ongles dans le bras puissant de Joseph.
Citations
"Je crois que l'homme est naturellement cruel : les enfants et les sauvages en font la preuve chaque jour;" (30)

"...je découvris ce jour-là que les grandes personnes savaient mentir aussi bien que moi, et il me sembla que je n'étais plus en sécurité parmi elles." (47)

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MessageSujet: Re: La gloire de mon père • Marcel Pagnol   Dim 28 Avr - 15:00

J'ai vu le film, plusieurs fois même, et j'ai le livre. Mais j'ai complètement la flemme de le lire. XD

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