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 Du domaine des murmures • Carole Martinez

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myCat99
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Lecture en cours : Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre - Ruta Sepetys
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MessageSujet: Du domaine des murmures • Carole Martinez   Dim 8 Juin - 23:16



Du domaine des murmures - Carole Martinez • 6.17€

Résumé du livre
En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire «oui» : elle veut faire respecter son voeu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe... Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte. Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante.

Extrait
Alors que je m'entretenais avec une femme que la petite vérole avait mordue au visage et qui avançait vers la tombe de Saint-Pierre, j'ai aperçu au sol, dans l'ombre d'un arbre, une fraise sauvage.
Un délicat point rouge dans tout ce vert. Je me suis engouffrée dans cette brèche minuscule.
Et, devant ma fenestrelle, la femme pleurait beaucoup en se dégorgeant de ses fautes.
Une fraise des bois, l'infini à portée de bouche.
Tandis que ma visiteuse s'abandonnait été me submergeait de phrases irrespirables, mon esprit vagabondait à rebrousse-temps.
Enfant, j'avais le droit de sortir de l'enceinte du château avec ma mère et quelques filles de la maison à la recherche de ces pépites. J'aimais tant à fouiller les fougères, à remuer les vieilles feuilles. A quatre pattes dans la mousse comme une petite bête, je reniflais la terre des sous-bois. Je m'imprégnais de son entêtant parfum. Mais la sensation la plus tenace, celle dont la seule évocation m'enivre aujourd'hui encore, c'est la caresse de ma mère, son geste doux, ses doigts blancs glissant entre mes lèvres la petite perle écarlate qu'elle venait de cueillir délicatement pour ne pas l'écraser.
La mort a passé, nos corps se sont dissous, mais son regard attentif et son sourire se mêlent toujours au goût de la fraise sauvage. Ce tout petit fruit concentre en son cœur la saveur de la forêt et la tendresse de ma mère. Alors que la pulpe éclatait entre mes dents, il me semblait que je communiais avec les grands arbres, et que ma mère m'offrait, en même temps qu'une confirmation de son amour, une hostie végétale.
Comme cet amour m'avait manqué !
Je l'ai compris en cette fin de journée d'été tandis que j'observais depuis ma cellule ce fruit inaccessible, ce détail infime tout vibrant de douceur acidulée. J'ai alors espéré que les mains de ma mère se faufileraient jusqu'à moi pour m'offrir une fois encore ce joyeux présent-là.
Soudain, les pieds nus d'Ivette, qui m'apportait ma soupe et ma part de pain avant de rentrer chez elle, m'ont arrachée à ma contemplation profane : ils avaient failli écraser mon délicieux souvenir, piétiner mon enfance, mon escarboucle. J'ai remercié cette bonne fille tout en souhaitant qu'elle repartît au plus vite et me laissât à cette précieuse évocation, en tête à tête, non avec Dieu, mais avec le spectre parfumé de ma mère, en communion avec une fraise. J'imaginais que ce fruit me conduirait jusqu'à elle, jusqu'aux histoires qu'elle me contait enfant, que cette porte s'ouvrirait sur son regard aimant.
En s'éloignant, Ivette a remarqué cette gouttelette rouge sang entre les feuilles, elle s'est penchée, l'a détachée de sa petite tige et l'a gobée. Pour partager ce bonheur, elle s'est tournée vers moi et ses lèvres minces se sont ouvertes comme rideaux sur le désordre de ses dents qui se bousculaient dans sa bouche et y poussaient en tous sens - chaque fois qu'elle laissait ainsi paraître sa joie, son sourire fauchait sa beauté aussi sûrement qu'une grimace. Sans malice, elle venait d'avaler sous mes yeux et ma mère, et la forêt, elle n'en avait fait qu'une bouchée.
Il ne me restait rien de ce temps joli que l'ombre d'un grand arbre. La main de ma mère était en terre, la forêt invisible à jamais et la porte refermée. J'ai pleuré.
Citations
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MessageSujet: Re: Du domaine des murmures • Carole Martinez   Dim 8 Juin - 23:17

Alors je l'ai commencé, et il me paraît très, très, spécial.
Mais bon on va voir.

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MessageSujet: Re: Du domaine des murmures • Carole Martinez   Sam 28 Juin - 15:46

P***** DE BUG DE M****
Je me calme. Je recommence.


Ce roman a reçu le prix Goncourt des lycéens 2011. Je peux comprendre pourquoi. L'auteure à quelque chose dans sa manière d'écrire, qui te touche au plus profond de toi. Je me sentais concernée par ce qu'Esclarmonde racontait. Pourtant, l'histoire se passe il y a plusieurs siècles, et déjà, ça aurait dû me décevoir : je n'aime pas vraiment retourner dans le passé. Mais là, je m'en fichais, parce que la date n'était pas l'important, en fait. C'était juste trop émouvant. Et puis, la lecture n'est pas si difficile que ça, je l'ai lu assez rapidement, ce qui est énorme pour moi avec ce genre de romans.
Je me suis retrouvée tellement de fois en mode *choquée* ou en train de plaindre Esclarmonde. Sa façon de vivre représente un cauchemars, tout simplement. Aaah lala, c'est vraiment une lecture magnifique.
Son point négatif étant que ça peut être assez long par moments.
Je vous conseille vivement de le lire.

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MessageSujet: Re: Du domaine des murmures • Carole Martinez   Aujourd'hui à 13:43

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